Un monde tortionnaire
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La torture en Syrie : une politique gouvernementale

Radwan Ziadeh, chercheur

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Depuis le début du mouvement de protestation, en mars 2011, le régime de Bachar al-Assad se livre à une répression sans merci. Hommes, femmes, enfants, c’est toute la population qui est visée dans une volonté claire de mettre au pas l’ensemble de la société. La torture a une place privilégiée dans cette stratégie de la terreur : les corps mutilés sont exhibés ; les risques de sévices auxquels s’exposent les manifestants doivent être connus. Pour Radwan Ziadeh, cette politique contribue au contraire à renforcer, au sein de la population, la conviction que seul un changement politique en profondeur permettra de mettre fin à ces pratiques. Entretien.

La torture était employée en Syrie bien avant le soulèvement. Le Comité contre la torture de l’ONU, qui a rendu son premier rapport sur la situation dans le pays en mai 2010, a déclaré que les différentes branches des forces de sécurité en Syrie avaient recours à la torture de manière quotidienne et a fait état des « allégations nombreuses, persistantes et cohérentes concernant le recours systématique à la torture par les fonctionnaires chargés de l’application de la loi et des enquêtes, à leur instigation ou avec leur consentement, en particulier dans les lieux de détention ». Cela a été le quotidien des Syriens pendant près de quarante-sept ans, mais récemment, la torture s’est considérablement intensifiée et les atrocités exercées contre le peuple sont beaucoup plus répandues, comme couper les bras, sectionner les parties génitales, arracher les ongles des enfants, utiliser des décharges électriques… Ces méthodes sont nombreuses et envoient à la population le message suivant : « Nous ne faisons preuve d’aucune tolérance vis-à-vis des personnes qui rejoignent le mouvement de protestation. »

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Sur l'auteur

Radwan Ziadeh est un opposant syrien exilé aux États-Unis. Chercheur à l’université de New York, il a fondé le Centre d’études des droits de l’homme de Damas.

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